Un constat d’horreurs, un article énervé qui date de la pandémie

Une saine colère doit parfois sortir de nous comme une rafale de vent. Son expression permet de comprendre le mal, et il est peu souvent de notre seule responsabilité.

Je ressens très clairement que je ne supporte plus les règles du jeu. Pas comme un complotiste, mais comme un anarchiste qui se réveillerait en moi, endormi depuis l’adolescence par la nécessité de gagner sa vie, comme si l’ayant reçue on devait en plus la gagner. Je veux tirer mes propres ficelles, les fils de la marionnette en cire qui s’agite pour donner le change depuis longtemps. Bon ça c’est notre lot à tous, à creuser.

L’observateur est l’observé dit Krishnamurti.

Octobre 2021, toujours l’ambiance jungle : Une concurrence libre et non faussée. Partout, dans chaque coin le plus retranché du monde. Production. Chiffres. Conditionnement des esprits. Après une année suspendue, cela reprend avec une bonne dose d’énervement généralisé. C’était sûrement inclus dans le message génique du vaccin.

On est plus confiné, mais on est toujours globalement dans une courbe ascendante vers la guerre, faute de valeurs communes. L’humain est une statistique calculée à partir d’enquêtes de satisfaction à questions orientées. Unité productive, l’individu possède des compétences qui lui permettent de tenir un rôle professionnel dans un rouage de la machine. Point. Le reste du temps il bénéficie de loisirs connectés. Et ta gueule. Professionnalisation du divertissement. Apprends à jouer comme on te l’a dit, sinon tu gagneras pas de sous. La violence monte. La stupidité et la vulgarité ont le vent en poupe. On produit de l’humain Low Cost, l’état a plus les moyens, on a privatisé le pouvoir.

« –Putain, mais tu vois pas que j’avais la priorité, elle est pourrie ta caisse.

Je m’en fous connard, tire toi. Nique ta mère. »

« les autos !… elles arrêtent pas ! là, vous pouvez voir la folie ! … la trombe vers Versailles ! Cette charge des autos !… semaine ! dimanche ! comme si l’essence était pour rien… autos à une… trois…six personnes !… goinfrées pansues, rien à foutre !… où qu’ils vont tous ? »

Louis Ferdinand Céline – D’un Château l’autre

Cela ne pourra pas marcher très longtemps encore sans que ça saigne à grande échelle. Pour l’instant ça crève de l’intérieur. Heureusement y a l’foot.

2021. Sortira t-on de la pandémie ? De l’esprit pourri de la pandémie, de l’observation de tout le monde par tout le monde. Ce petit « 1984 » planétaire, pour notre bien. Une petite tentative de contrôle globale tout à fait réussie. Qui va le mieux réussir à enfermer sa population ?

« -Monsieur, pensez à nos vieux ! »

J’ai personnellement un oncle qu’ils ont enfermés plus d’un an en EHPAD, avec un début d’Alzheimer délirant (maladie à corps de Lewy) et l’interdiction d’avoir des visites. Les vieux qui ont survécus à cet enfermement de prison sont devenus cinglés. Alors ils ont établi des parloirs sinistres dans lequel mon oncle ne voulait pas aller. Et nous partout, les petits trouillards sinistres avaient la parole officielle dans les grandes surfaces, tous les lieux qui puent.

« – Monsieur, vous n’avez pas mis votre masque, sortez où j’appelle la sécurité ! »

Les agents de sécurité sont aujourd’hui une formation très à la mode, à défaut de pouvoir encore travailler comme artisan.

J’avance masqué, comme tout le monde. Le masque, les masques qui cachent les expressions, c’est tellement pratique pour organiser un totalitarisme de la parole édulcorée, du verbe mou, de la langue de bois. OK. Circulez, on ne vous voit pas.

« – Excusez-moi je ne vous ai pas entendu. Veuillez parler plus fort, utilisez un ton monocorde, calmez-vous.

– Mais je ne suis pas énervé. J’essaye d’exprimer ce que je pense, pas des convenances de séries télévisées. »

Nous sommes vaccinées avec un truc qui trompent nos gènes pour notre bien, sans recul sur les effets secondaires à long terme. OK. Il y a comme une fatigue généralisée depuis. Tout le monde a son petit symptôme ici ou là. Cela doit être le dérèglement climatique et le stress hein ?

« -Mais soyez positif. »

Il y a une reprise qu’ils disent là-haut, moins de chômage. Tu m’étonnes après une année à foutre des secteurs entiers en inactivité.

« –Ouh il est grand ce hangar, ils on mis des vidéos, c’est bien organisé pour se faire piquer. C’est votre deuxième dose ?

-J’ai un beau-frère qu’est mort dans la nuit suivante. Je suis un peu anxieux là, mais je suis obligé à cause du boulot.

-Ha …« 

Nous avons été tenu au télétravail, puis à n’importe quoi, puis à un retour en masse en bagnoles au boulot. OK.

« -Putain mais ils roulent tous comme des dingues dangereux, il va falloir relancer une campagne de verbalisation. Au fait c’est limité à 80 ou à 90 ? Tout le monde roule à 110.« 

Le coût de la vie ne cesse d’augmenter, à la pompe et ailleurs, dans le caddie. OK.

« -Monsieur je ne vais pas accepter votre boulot, avec le SMIC ça me fait pas assez pour boucler le mois avec ma fille. Je vais attendre de trouver mieux.« 

Les salaires stagnent. OK.

Les contrats de travail se précarisent. OK.

« – J’aime bien les missions d’intérim comme ça je suis pas obligé de rester longtemps dans la même boîte.« 

Le temps de droit aux allocations chômage diminue. OK.

« –Va falloir que j’accepte les emplois saisonniers, je vais encore me casser le dos, je suis trop vieille pour ça.« 

L’activité syndicale (non patronal) ne cesse de diminuer faute de syndiqués. OK.

« –T’es syndiqué toi ? Mais ils font rien pour nous.« 

L’existence des métiers deviennent de plus en plus dépendants de l’automatisation industrielle et des lobbies commerciaux. OK.

« –J’aurais bien fait une formation sur un métier artisanal, mais bon si on apprend la maroquinerie on se retrouve dans une usine à la chaîne.« 

Et tout le monde dit oui. OK.

« -Alors pour ceux qui en ont marre qu’on leur chie dessus, quelles solutions avons-nous ?

-Mais monsieur, on vit en démocratie quand même, on est pas en Corée du Nord.

-En quoi ?« 

L’art comme solution ? Il n’y a pas plus néo libéral que le fonctionnement actuel du monde de l’art, même si l’art est un instant immersif hors du monde, une échappée, une réflexion (de plus en plus labellisée, certifiée conforme, une carrière avec ses codes, détachée de ses fondements).

La révolution ? Cela fait plaisir sur le coup sûrement l’adrénaline, le mouvement de foule, mais on retrouve la même cupidité générale dans tous les régimes.

Vivre caché ? Cela peut-être un début de solution, mais on te filme dès que tu fais pipi le long de la route aujourd’hui.

La société de contrôle, on y est. Et on en est même qu’au début. Certains aiment ça, ça les rassure. Beaucoup même.

Alors quid de l’exercice de la liberté là dedans ?

Comme une caméra de surveillance possède peu de vocabulaire, mais est l’œil de Dieu qui nous observe. Le manuel d’utilisation avec de plus en plus de chapitres, et des notes de bas de page de dix kilomètres. Alors parlons entre nous. Détournons les outils.

On s’en tirera comme ça. Sous la ligne de radars, furtifs. Si la parole véhicule autre chose qu’idéologies, politiques, des carcans écœurants et des lignes de conduite, des messages publicitaires et des conseils religieux, et toutes sortes de monologues inadaptés aux situations réelles alors peut-être …

La poésie reprendra sa place dans le cœur des gens. Comme un phare inlassable dans la nuit embrouillée des esprits broyés par les réseaux sociaux qui dégueulent leurs images à vendre, les egos remodelés pour le marché mondial. OK.

Prendre la tangente. Et tout de suite.

 » La pensée se fait dans la bouche. »

Tristan Tzara

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